les gauchos

GAUCHO !

Le gaucho, symbole de la pampa, incarne une culture et des traditions profondément ancrées en Argentine. Les valeurs de loyauté, courage et honneur qu’il représente sont transmises de génération en génération. D’ailleurs, on utilise souvent en Argentine et en Uruguay l’expression “hacer una gauchada” (« faire une gaucherie ») pour parler de rendre un service, de faire un bonne action.

D’où vient ce “cow-boy” sud-américain, quelles sont ses origines, son rôle et ses particularités d’hier et d’aujourd’hui ?

Gaucho-de-Patagonie-Argentine

Cavaliers solitaires…

Dès le XVIIe siècle, le terme « gauderio » puis « gaucho » désigne les hommes solitaires et nomades de la campagne, généralement criollos (descendants européens) ou métis. Le terme « gaucho » s’étend ensuite à tout le Cône Sud pour désigner les gardiens de troupeaux de bétail. Les gauchos existent en Uruguay, au sud du Brésil, au Paraguay, au Chili austral et dans la région de Tarija en Bolivie.

Du milieu du XVIIe au XVIIIe siècle, le gouvernement argentin délivre des permis de « vaquear » pour capturer les troupeaux sauvages de bovins qui ont proliféré dans la pampa. Les gauchos créent des communautés rurales, passant d’un mode de vie nomade à la sédentarisation en construisant des maisons en adobe. Installés avec leurs familles, ils vivent de manière rustique, tout en conservant leur image de cavaliers solitaires. Ils abattent les bovins et préparent et vendent les cuirs, jouant un rôle crucial dans l’économie rurale.

Le mode de vie des gauchos change lorsque les autorités retirent les permis de « vaquear », et le bétail sauvage devient rare. Les bovins sont alors regroupés dans de grandes fermes, appelées estancias, où les gauchos travaillent à surveiller le bétail, élever les chevaux et fabriquer du cuir.

Avec le temps, les gauchos modernisent leur mode de vie, troquant parfois leur cheval contre un tout-terrain et leurs vêtements traditionnels contre des tenues contemporaines. Malgré ces changements, la culture gaucha reste vivante, transmise à travers la musique, la danse, la cuisine et l’habillement, symbolisant l’âme des vastes plaines de la pampa.

Gaucho Yungas - Salta

Tenue et accessoires du Gaucho

Bien que tous les gauchos n’utilisent pas quotidiennement la tenue traditionnelle, elle reste essentielle dans la culture gaucha. Les formes et couleurs varient selon les régions. Conçue principalement en toile et en peau, cette tenue s’adapte aux conditions climatiques. Le haut comprend une chemise, un gilet sans manches, une veste et un poncho, qui sert aussi de couverture. L’origine du pantalon, de toile bouffante serré aux chevilles, appelé bombacha, est surprenante . En 1856, à la fin de la guerre de Crimée, la France se retrouve avec 100 000 pantalons destinés à l’armée turque qu’elle brade contre des produits divers à l’Argentine. Approuvé par le président Justo José de Urquiza, ce troc a permis de populariser en Argentine ce vêtement de style arabe.

Parfois, un chiripa en cuir se porte au-dessus d’un caleçon en toile de coton et lin. Pour maintenir l’ensemble, on utilise une ceinture en laine, coton ou soie, appelée fajae. Elle mesure environ 10 cm de large et 2 à 5 m de long, souvent ornée de motifs mapuche. Une seconde ceinture en cuir, le tirador, fermée par une restra en bronze, argent ou or peut être superposée. Les chaussures incluent des alpargatas (espadrilles) ou des bottes en cuir sans couture, fabriquées d’une seule pièce de cuir. Un pañuelo (foulard) est attaché autour du cou. Le Gaucho porte d’un chapeau de cuir ou bien une boina (béret basque). Enfin, la tenue comprend un facón (long couteau), un lasso et des boleadoras (trois pierres unies par un lien en cuir pour entraver les animaux).

la femme gaucha ?

Dans ce monde très masculin des gauchos, on peut légitimement se demander quelle est la place des femmes.

La gaucha, aussi appelée china, est cantonnée aux tâches domestiques et à l’agriculture. En l’absence du gaucho pendant de longues périodes, c’est elle qui prend soin des animaux, des champs, du foyer plus généralement, et qui tisse les ponchos et autres habits. Elle est souvent très bonne cavalière et peut se reconnaître comme le gaucho par une tenue particulière : longue et large robe ou jupe à franges, portée au-dessus d’une chemise, avec une écharpe. Elle se coiffe souvent de deux tresses. 

Seul lieu où la femme a réussit à conserver un peu de son pouvoir et à avoir voix au chapitre : le nord-ouest argentin ! On lit parfois que le métissage avec les femmes quechuas et aymaras réputées pour leur fort caractère ainsi que le rôle des gauchos de cette région pendant les guerres d’indépendance leur aurait permis de conserver leur liberté. A Salta, la gaucha refusait parfois le mariage, jouait de la guitare et conduisait les troupeaux !

Aujourd’hui, bien que la plupart restent soumises à un système fondamentalement patriarcal, certaines femmes ont pris un rôle bien différent au sein des sociétés gauchas et se sont imposées dans des “métiers d’hommes”, par exemple en tant que dresseuse de chevaux.

Gaucha-argentina

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