les gauchos

Cavaliers solitaires…
Dès le XVIIe siècle, le terme « gauderio » puis « gaucho » désigne les hommes solitaires et nomades de la campagne, généralement criollos (descendants européens) ou métis. Le terme « gaucho » s’étend ensuite à tout le Cône Sud pour désigner les gardiens de troupeaux de bétail. Les gauchos existent en Uruguay, au sud du Brésil, au Paraguay, au Chili austral et dans la région de Tarija en Bolivie.
Du milieu du XVIIe au XVIIIe siècle, le gouvernement argentin délivre des permis de « vaquear » pour capturer les troupeaux sauvages de bovins qui ont proliféré dans la pampa. Les gauchos créent des communautés rurales, passant d’un mode de vie nomade à la sédentarisation en construisant des maisons en adobe. Installés avec leurs familles, ils vivent de manière rustique, tout en conservant leur image de cavaliers solitaires. Ils abattent les bovins et préparent et vendent les cuirs, jouant un rôle crucial dans l’économie rurale.
Le mode de vie des gauchos change lorsque les autorités retirent les permis de « vaquear », et le bétail sauvage devient rare. Les bovins sont alors regroupés dans de grandes fermes, appelées estancias, où les gauchos travaillent à surveiller le bétail, élever les chevaux et fabriquer du cuir.
Avec le temps, les gauchos modernisent leur mode de vie, troquant parfois leur cheval contre un tout-terrain et leurs vêtements traditionnels contre des tenues contemporaines. Malgré ces changements, la culture gaucha reste vivante, transmise à travers la musique, la danse, la cuisine et l’habillement, symbolisant l’âme des vastes plaines de la pampa.
Étymologie
Étymologiquement, le mot de gaucho pourrait avoir deux origines:
Il pourrait venir du mot gitan “gacho” qui signifie “paysan” et “amant”
Ou bien du mot quechua “huachu” qui signifie quant à lui “solitaire” et “orphelin”

Indépendance de l’argentine
Les gauchos, longtemps vus comme des vagabonds, ont joué un rôle crucial dans la guerre d’indépendance argentine entre 1810 et 1825, cimentant leur mythe. Leur contribution au ravitaillement, au renseignement et au combat, notamment dans le nord-ouest du pays, est largement reconnue.
Faisant partie des « Patriotas decididos » dirigés par Diaz Velez, et participant à la campagne du Général Güemes, ils ont été actifs dans de nombreuses batailles, dont celle de Tucuman, la plus significative de l’indépendance argentine.
Cette implication a transformé leur image, passant de rebelles à représentants des valeurs rurales argentines, devenant une véritable légende. La guerre d’indépendance a ainsi redéfini la perception des gauchos dans la société argentine, les élevant au statut de héros nationaux.
Tenue et accessoires du Gaucho
Bien que tous les gauchos n’utilisent pas quotidiennement la tenue traditionnelle, elle reste essentielle dans la culture gaucha. Les formes et couleurs varient selon les régions. Conçue principalement en toile et en peau, cette tenue s’adapte aux conditions climatiques. Le haut comprend une chemise, un gilet sans manches, une veste et un poncho, qui sert aussi de couverture. L’origine du pantalon, de toile bouffante serré aux chevilles, appelé bombacha, est surprenante . En 1856, à la fin de la guerre de Crimée, la France se retrouve avec 100 000 pantalons destinés à l’armée turque qu’elle brade contre des produits divers à l’Argentine. Approuvé par le président Justo José de Urquiza, ce troc a permis de populariser en Argentine ce vêtement de style arabe.
Parfois, un chiripa en cuir se porte au-dessus d’un caleçon en toile de coton et lin. Pour maintenir l’ensemble, on utilise une ceinture en laine, coton ou soie, appelée fajae. Elle mesure environ 10 cm de large et 2 à 5 m de long, souvent ornée de motifs mapuche. Une seconde ceinture en cuir, le tirador, fermée par une restra en bronze, argent ou or peut être superposée. Les chaussures incluent des alpargatas (espadrilles) ou des bottes en cuir sans couture, fabriquées d’une seule pièce de cuir. Un pañuelo (foulard) est attaché autour du cou. Le Gaucho porte d’un chapeau de cuir ou bien une boina (béret basque). Enfin, la tenue comprend un facón (long couteau), un lasso et des boleadoras (trois pierres unies par un lien en cuir pour entraver les animaux).
la femme gaucha ?
Dans ce monde très masculin des gauchos, on peut légitimement se demander quelle est la place des femmes.
La gaucha, aussi appelée china, est cantonnée aux tâches domestiques et à l’agriculture. En l’absence du gaucho pendant de longues périodes, c’est elle qui prend soin des animaux, des champs, du foyer plus généralement, et qui tisse les ponchos et autres habits. Elle est souvent très bonne cavalière et peut se reconnaître comme le gaucho par une tenue particulière : longue et large robe ou jupe à franges, portée au-dessus d’une chemise, avec une écharpe. Elle se coiffe souvent de deux tresses.
Seul lieu où la femme a réussit à conserver un peu de son pouvoir et à avoir voix au chapitre : le nord-ouest argentin ! On lit parfois que le métissage avec les femmes quechuas et aymaras réputées pour leur fort caractère ainsi que le rôle des gauchos de cette région pendant les guerres d’indépendance leur aurait permis de conserver leur liberté. A Salta, la gaucha refusait parfois le mariage, jouait de la guitare et conduisait les troupeaux !
Aujourd’hui, bien que la plupart restent soumises à un système fondamentalement patriarcal, certaines femmes ont pris un rôle bien différent au sein des sociétés gauchas et se sont imposées dans des “métiers d’hommes”, par exemple en tant que dresseuse de chevaux.

Où et quand?
Découvrir le monde gaucho lors d’un voyage en Argentine ?
San Antonio de Areco
La fête de la tradition se célèbre chaque année en novembre depuis 1939 à San Antonio de Areco, à une centaine de kilomètres de Buenos Aires, en hommage à l’écrivain José Hernandez.
Elle dure trois jours et est un vrai rassemblement national des différentes sociétés gauchos avec au programme peña (bal dansant), chacarera (musique folklorique argentine), défilé à cheval, vente d’accessoires, repas traditionnel, rodéo et démonstration de dressage (âmes sensibles s’abstenir !).
Au-delà de sa fête, San Antonio de Areco est un bourg typique colonial où la culture gaucho est bien présente. Vous pourrez également y visiter le Musée gaucho et le Parc criollo Ricardo Güiraldes et vous immerger dans la légende gaucha !
Buenos Aires
Sans aller aussi loin que San Antonio de Areco, vous pourrez avoir un aperçu en vous rendant à la Feria de Mataderos, à l’ouest de Buenos Aires, chaque dimanche de 11 à 19h de mars à décembre ! Chaque semaine, il y a des spectacles de danse et de musique folkloriques, d’habileté gaucho, etc.
Salta dans le Nord Ouest Argentin
Si vous passez à Salta le 17 juin, jour d’anniversaire du Général Güemes, vous aurez également l’occasion d’assister à un grand défilé gaucho en son honneur ! C’est aussi l’occasion d’assister à des concerts de musique folkloriques, de démonstrations à cheval, etc.
El Calafate
La Fête de la Tradition s’organise chaque année, le second week end de novembre à El Calafate. Vous pourez voir des rodeos, un défilé de gauchos, de groupes de musique folklorique et bien entendu manger des asados!
De novembre à mars, dans les villages de Patagonie s’organisent régulièrement des fêtes folkloriques, soyez attentifs!
National
Enfin, chaque 6 décembre on célèbre la journée nationale du gaucho avec des évènements organisés dans différents lieux du pays.
Quelques références sur la culture Gaucha

Artistes
Florencio molina campos – Peintre

Films
Historia de un gaucho viejo (1924) – Jose J. Romeu
Martin Fierro, la pelicula animada (2020) – Liliana Romero & Norman Ruiz

Livres
Martin Fierro – José Hernandez
Don Segundo Sombra – Ricardo Güiraldes
Lindor Covas – Walter Ciocca.
El gaucho indómito – Ezequiel Adamovsky
