Histoire du taNGO
Rattaché à la culture argentine dans le monde entier, le tango naît à la fin du XIXe siècle et reste aujourd’hui une des danses et un des styles musicaux les plus connus au monde !
Origine du nom « TANGO »
Malgré plusieurs théories, la plupart s’accorde à dire que le nom de tango proviendra de “tambo”, mot utilisé par les esclaves d’origine africaine pour désigner des lieux où se réunissaient les personnes noires pour danser dès le XVIIIe siècle. Tambo et Tango auraient été utilisés comme synonymes avant que le deuxième terme reste seul utilisé.
Une partie du vocabulaire du monde du tango serait issu des mêmes origines ; c’est le cas par exemple de “milonga”, genre musical à part entière, partageant beaucoup avec le tango, mais aussi nom donné aux bals où se pratique le tango.
Histoire du Tango
danse des Maisons Closes …
Né dans les Conventillos, les quartiers pauvres de Buenos Aires, le tango résulte de quarante ans de métissage culturel. Ses origines se trouvent dans le candombe, la habanera cubana, la milonga, la marzuca et la polka. Ces danses ont été développées par la communauté noire issue de l’esclavage et par les immigrants européens, principalement italiens, espagnols et français.
Le tango se reconnaît par son rythme en 2/4, d’abord joué avec des guitares, des tambours et des flûtes. Ces instruments sont progressivement remplacés par le violon, le piano et le bandonéon, l’instrument emblématique du tango.
La forte proportion d’hommes immigrés dans la région du Rio de la Plata les conduit à danser ensemble en duo. Ils diffusent ensuite cette danse dans les maisons closes, fréquentées par des prostituées.
Le tango est donc au départ une danse populaire, pratiquée par les mauvais garçons de Buenos Aires. Son caractère sensuel et l’abrazo, l’enlacement caractéristique, la rendent indécente aux yeux de la société.
Finalement, le tango se propage via les maisons closes aux hommes de la bourgeoisie argentine. C’est ensuite en Europe, surtout à Paris, qu’il séduit la haute société en quête de divertissements exotiques.

La Musique
Le tango revient d’Europe, anobli et populaire. Il conquiert les populations aisées de Buenos Aires et Montevideo, deux villes fondatrices de ce style. Le rythme plus lent de la « vieille garde » distingue le tango de la milonga, qui reste plus rapide. Des titres comme « La Cumparsita » de Gerardo Matos Rodríguez deviennent mondialement connus.
Au début du XXe siècle, le tango chanté connaît un immense succès, notamment grâce à Carlos Gardel, roi incontesté du genre. Le tango, autrefois dansé, devient aussi une musique à écouter. Il exprime la vie des quartiers pauvres, l’amour, ses souffrances, et le temps qui passe.
Les petits groupes de musiciens grandissent, les « orquestas típicas » de 4-5 joueurs atteignent plusieurs dizaines dans les années 40. La démocratisation de la radio permet de faire connaître et apprécier le tango à une large génération, assurant sa place dans l’histoire musicale.
déclin du TaNGO
Malgré l’impact d’Astor Piazzolla, le tango perd de sa vigueur dès les années 50 avec l’essor du rock’n’roll et des mouvements hippies. L’instabilité politique et la dictature argentine dès 1955 affaiblissent davantage sa popularité pendant environ 30 ans. On affirme que le tango a ignoré une génération, celle des jeunes adultes pendant cette période tumultueuse.
Le tango moderne et contemporain
À partir des années 1980, le tango renaît grâce à des spectacles à Paris et Broadway. Il attire alors jeunes et moins jeunes, popularisant les cours de danse.
Le tango fusionne avec d’autres genres musicaux comme le jazz et le métal, notamment avec Natacha Guevara. Bien que peu d’artistes produisent du tango pur aujourd’hui, son rythme unique influence de nombreux compositeurs, de Charles Aznavour à Stromae.
Le tango se modernise avec l’électrotango, un mélange de tango et de musique électronique, popularisé par Gotan Project. Un mouvement de tango queer naît en Allemagne, offrant plus de fluidité dans les rôles de danse.
Le tango n’est pas seulement populaire en Argentine; il s’est implanté durablement au Japon, en France et en Finlande, où le tango finlandais est mondialement reconnu. Des festivals annuels célèbrent cette danse, notamment celui de Buenos Aires. Chaque 11 décembre, on célèbre le jour national du tango en hommage à Carlos Gardel et Julio de Caro.
Le tourisme soutient la popularité du tango, avec des spectacles à Buenos Aires souvent complets et des démonstrations publiques.

Danse d’improvisation, le tango nécessite quelques techniques pour débuter. Pourquoi ne pas assister à une milonga à Buenos Aires et prendre des cours pour découvrir cette danse passionnante?
quelques références

Musiques
Balada para un loco – Astor Piazzolla et Roberto Goyeneche
La Cumparsita – Gerardo Matos Rodríguez
Por una cabeza – Carlos Gardel
El día que me quieras – Carlos Gardel

Films
Tango (1998) de Carlos Saura
Tangos, l’exil de Gardel (1985) de Fernando Solanas
Raices del Tango – Horacio Salas – 4 épisodes en espagnol.

Livres
Le Tango des ombres (2022) – Jean-François Seignol
Dictionnaire passionné du tango (2015) – J.L. Mingalon, G. Denigot et E. Honorin – Editions du Seuil
Le pas du lynx (2015) – Joana de Fréville- Editions Les Allusifs
El Tango (2009) – Horacio Salas – Editorial Planeta
